Credit photo. Un client au guichet d'une microfinance
Credit photo. Un client au guichet d'une microfinance

Ce constat a été fait lors d’un atelier de formation sur le thème « Analyse des performances financières et sociales des institutions de microfinance avec l’outil Microfact », la semaine dernière à Douala.

Les experts en microfinance réunis à l’atelier de formation sur l’analyse des performances financières et sociales des microfinances la semaine dernière, ont en effet pris conscience du retard qu’accusent les établissements de microfinance (EMF) au Cameroun. David Kengne, Directeur général de Microfinance Academy et par ailleurs l’un des formateurs à cet atelier de formation a relevé de ce fait que, les EMF rencontrent beaucoup de problèmes d’ordre social et financier. Cela dit, « la situation sociale et financière de ces microfinances est en dessous des standards internationaux », affirme-t-il. A l’en croire un certain nombre d’éléments permettent en effet de vérifier cette déclaration.

Il s’agit entre autres du porte feuille à risque des microfinances. Selon les standards internationaux il doit être inférieur à 10%. Une norme qui n’est en effet pas respectée, car tous les EMF présents à cet atelier de formation, on en effet un porte feuille à risque qui se situe entre 15 et 30%. « Ce qui est très mauvais par rapport à la santé financière de ces institutions », nous fait-on savoir. De plus, il est aussi recommandé d’avoir au minimum 250 emprunteurs, mais la plupart sont en dessous de 100. Des chiffres qui montrent à suffisance que le Cameroun ne respecte pas les standards internationaux en matière de gestion financière et sociale. « Le Cameroun est vraiment très en retard, en outre très peu d’EMF sont suffisamment renseignés sur le sujet », affirme David Kengne.

Pour la plupart des participants à cette formation, l’analyse des performances financières et sociales des EMF est très importante. « Nous sommes ici pour nous instruire. Nous avons appris à développer l’équilibre de notre structure, améliorer les ratios pour permettre aux dirigeants de prendre les résolutions fiables », affirme Chantal Kameni, responsable de la microfinance CPC Douane. Cet atelier de formation déroulé sur trois jours (du 11 au 13 mai 2015) avait pour objectifs de comprendre l’importance du suivi des indicateurs de performance financière et sociale les plus couramment utilisés et acceptés en microfinance ; d’interpréter les indicateurs de performance financière et sociale. Egalement de mettre en place un modèle d’affaires durable grâce à une évaluation des risques opérationnels encourus et une situation financière lisible etc.

Ghide

Tocoma Sy, formateur senior Microfact

Tocoma Sy, formateur senior Microfact

Tocoma Sy

« L’important c’est d’aider à la transparence»

Le formateur sénior Microfact, lève un pan de voile sur les avantages de ce programme pour les microfinances.

Qu’entendez-vous exactement par Microfact ?

Microfact est un concept qui a été développé au Luxembourg et en Belgique par deux organisations qui s’appelle Adar et Bérets pour appuyer le secteur de la microfinance à pouvoir renforcer ses capacités d’analyse et à les rendre beaucoup plus transparent. Ils ont développé pour cela plusieurs outils. Un des outils fait l’objet de cet atelier qui s’appelle la Fact Sheet. Lequel permet de faire une analyse des performances financières et sociales. C’est une nouveauté des institutions de microfinance. Tout de même ce n’est pas le seul outil, il existe d’autres outils qui ont été développé pour les institutions qui font la micro-assurance. Et donc c’est l’ensemble de ces outils qui ont été mis en place.

Y a-t-il déjà des microfinances qui utilisent ce système ?

Au Cameroun, il en existe. Certaines ont même d’ailleurs participé à ce séminaire. Et elles sont présentes pour renforcer leur capacité pour pouvoir bien appliquer le système. Et si possible former même d’ailleurs les autres employés qui se trouvent dans d’autres zones du Cameroun. En fait, on organise cet atelier pour que les acteurs puissent être accrédités à transmettre partout au Cameroun et renforcer les capacités des autres. De plus, la performance est complètement gratuite et téléchargeable sur internet. Toutes les organisations peuvent le télécharger, remplir et faire les analyses si elles ont les connaissances requises. Il faudrait juste qu’elles aient effectivement ces connaissances pour faire une analyse fine. Mais on peut utiliser le Fact Sheet, pour remplir ses données avec les états financiers dont disposent les EMF.

Au Cameroun les microfinances rencontrent beaucoup de problèmes, notamment des cas de fraudes. Le programme Microfact peut-il aussi aider à lutter contre ?

L’importance de tous ces concepts et de ces ateliers c’est d’aider à la transparence, la plupart des organisations ont envie de faire cela mais n’ont pas les outils appropriés. Microfact à essayer de mettre en place les outils qui permettent aux institutions de Microfinances et celles qui font de la micro-assurance, d’avoir les outils pertinents qui permettent de faire cette analyse d’être le plus transparent possible.

Pensez-vous que ce programme s’implante véritablement en Afrique ?

Je pense que oui. J’en suis en ma quatrième ou cinquième formation. Ce type d’atelier a été fait dans plusieurs pays d’Afrique notamment au Rwanda, au Sénégal, en Côte d’ivoire, Benin etc. Il y a un pool de formateurs qui a été formés en Afrique. L’impact de l’implémentation de ce système est très grand, sans plus autant que je puisse donner les chiffres exacts. Généralement on passe par l’association des institutions de microfinance dans un pays, pour sensibiliser.

Propos recueillis par Ghide

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