Des coupures  de 10000FCFA
Des coupures de 10000FCFA

Elles sont fixées en fonction du rendement des employés.

Il n’est toujours pas facile pour un employé de compter uniquement sur son salaire de base pour joindre les deux bouts. Et, nombres de salariés camerounais bénéficient souvent de certaines primes qui amplifient leur salaire à la fin du mois. Il s'agit d'avantages de petites rémunérations que l'entreprise accorde à leurs employés pour compenser des conditions de travail particulières notamment le travail de nuit ou les tâches pénibles. En entreprise, le code du travail recense plusieurs types de primes. Il s’agit notamment des primes de salissure, la prime d’ancienneté, la prime de panier, la prime de productivité, les primes de risques, les primes d’outillage, les primes d’assiduité, la prime de technicité, prime de travail de nuit, prime de travail jour férié…

Considérées comme des éléments de la rémunération qui constituent en principe un complément du salaire de base, ces primes tant appréciées et sollicitées par les employés ont pour but de fidéliser le travailleur dans l’entreprise. « Elles encouragent le travailleur et permettent à ce dernier de mieux s’exercer à la tâche pour toujours en bénéficier, par la même occasion, elles incitent les autres employés à faire autant pour pouvoir profiter de cette rémunération », indique Gustave Kamogne, chef d’entreprise. Pour la plupart des salariés camerounais, les primes données dans les entreprises permettent la plupart du temps d’arrondir les fins du mois. « Je perçois à la fin de chaque mois la somme de 50000 à 30000FCFA, comme prime de productivité. Mais, elle varie en fonction de mon rendement en entreprise. Et ce montant me permet de gérer mes dépenses », affirme Eloïse Motsa, agent commercial dans une PME.

Dans la plupart des entreprises, la prime de productivité tout comme les autres primes sont données aux employés tous les mois. Elle s’évalue en fonction du rendement de chaque employé. Et peut parfois être équivaut ou valoir bien plus que le salaire négocié avec l’employeur. Aline K., publiciste perçoit un salaire de 100 000FCFA chaque mois. Grâce à ses primes de rendement, d’assiduité ou de panier, elle parvient à collecter la rondelette somme de 200 000FCFA à la fin d’un mois. « C’est encourageant, surtout quand un patron respecte tout cela et fait honneur à ses employés », fait-elle savoir.

En outre en ce qui concerne la prime d’ancienneté, le code du travail prévoit qu’elle est obtenue après deux ans de service effectif dans une entreprise. Son taux est de 4 % après deux ans et de 2% par année supplémentaire. Elle est calculée sur la base du salaire catégoriel (autrement dit du salaire de base de la catégorie du travailleur), apprend-on. La prime de panier quant-à elle est donnée aux travailleurs qui restent au poste de service au-delà de minuit ou qui reste à leur poste aux heures de pause. Pour celle-ci, il est noté que les gardiens de nuit ne sont pas concernés puisqu’ils bénéficient déjà des primes de risques. C’est aussi le cas des personnes qui restent à leur poste de travail à la pause, pour des raisons de contraintes professionnelles, à l’exemple des caissiers.

GHIDE

Me Laurent Bondje

« Certaines entreprises ne donnent pas les primes »

L’Avocat au barreau du Cameroun donne son avis sur les paiements des primes des salariés.

Que dit la loi de travail sur les différentes primes accordées aux travailleurs dans les entreprises ?

Selon le code du travail, ces primes attribuées dans les entreprises aux employés sont considérées comme des accessoires du salaire. Et elles dépendent du type d’activités, des conventions collectives du travail et du code de travail. Surtout que certaines d’entre elles sont instituées par le code du travail sous forme d’obligations. Parmi ces primes, seule la prime d’ancienneté est considérée comme obligatoire. Cette prime est attribuée à un salarié après deux années passées dans l’entreprise qui l’a engagé. Mais, il faut relever que ces accessoires de salaire sont souvent négociés entre le salarié et l’employeur. De même que, ces primes sont accordées en fonction du travail accompli et de la satisfaction de l’employeur. Ceci, contrairement aux indemnités qui viennent en compensation de la tâche abattue. Pour la prime de rendement c’est au regard des efforts et des résultats du travail de l’employé que l’employeur peut décider de primer ce dernier moyennant des financements. En outre à ces primes, le salarié peut aussi bénéficier d’un 13ème mois, ou encore des primes doubles ou primes de félicitation.

Le code du travail prévoit que la prime d’ancienneté se donne à partir de deux ans, pensez-vous que la plupart des entreprises camerounaises respectent ce délai ?

Il est clair que cette règle est difficilement appliquée dans les entreprises. Et certaines d’entre elles ne donnent pas les primes. D’ailleurs, la majorité des procès que nous avons découle toujours du non respect des principes du code du travail. Cette situation est courante du seul fait que, l’employeur se considère comme supérieur de part sa position et aussi de part le marché. De ce fait, il dicte sa propre loi. Etant donné que l’offre est inférieure à la demande, certains chefs d’entreprises profitent de cette situation pour imposer leurs exigences. Et le chercheur d’emploi quant-à lui se trouve dans l’obligation de les appliquer, car il n’a pas la possibilité de discuter un certain nombre de droit qui lui revienne. Toutefois, dans les sociétés sérieuses, ces délais de paiement des primes d’ancienneté sont respectés et toutes les autres primes sont mentionnées dans le bulletin de paie. En outre, certains employeurs vont même jusqu’à payer les primes de logement, les primes de transport ou encore des coûts des appels téléphoniques, de consommation d’électricité et d’eaux. Cependant, comme le Cameroun a cette calamité d’avoir des sociétés unipersonnelles qui ne discernent pas les employés comme des personnes qui concourent pour avoir un travail, mais plutôt comme des personnes à qui ils rendent une faveur. En outre, dans les sociétés bien structurées ces primes sont bien rémunérées. Mais dans d’autres entreprises, ces primes sont difficilement attribuées aux employés.

Propos recueillis par GHIDE

Me Laurent Bondje

Me Laurent Bondje

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