Du financement pour évoluer son business
Du financement pour évoluer son business

Mais pour beaucoup d’entrepreneurs, les financements restent indispensables pour la réussite de leurs projets d’investissements.

Les idées ne manquent pourtant pas. Mais nombres de Camerounais ont souvent du mal à monter leur propre business. Cela dit, créer une entreprise ou encore un petit commerce relève d’un parcours de combattant pour ceux-là qui veulent évoluer en freelance. C’est le cas de Gustave Moulion, ancien employé d’une boulangerie de renom dans la ville de Douala. « Il y a trois ans, j’ai voulu ouvrir une glacerie. Mais, sans succès », affirme –t-il avant d’ajouter. « Je n’avais pas d’argent, il me fallait au moins 500 000FCFA. À cause des problèmes de famille, maladie et autres, je n’ai pas pu atteindre mes objectifs. J’ai abandonné mon projet ». Tout comme ce dernier, Raphaël Thibault, chercheur d’emploi, fait aussi partie de ces jeunes qui ont plein d’espoir et de rêve en tête. Après avoir monté un business plan pour la création d’une entreprise de transformation de déchets-ménagers. Il a du mettre son projet dans le placard, car, « les banques ont refusé de me financer. Pourtant elles ont apprécié mon projet », lance-t-il, mécontent.

L’absence de financement demeure un véritable problème pour ceux là qui veulent monter leur propre business et être financièrement indépendant. « L’accès au crédit est pratiquement impossible, nombres d’entrepreneurs n’ont souvent pas de titre foncier ou encore ne possède pas de garantie fiable pour espérer avoir un prêt à la banque », affirme-t-il avant d’ajouter. « Pourtant nous avons besoin que les banquiers ou investisseurs croient à notre projet ».

Cependant, même quad on réussi à franchir l’étape de la mise en place de leur propre affaire, il est risqué de penser que tout est gagné. Car, il faut encore se battre pour dépasser le cap du 3ème et du 4ème anniversaire. « Dès la première année on a l’impression que tout baigne, parce qu’on a fait des prévisions. Mais, si à la fin de la deuxième année, le porte feuille client ou la demande n’est pas croissante cela se complique, il faut trouver des stratégies pour remonter la pente », indique Agnès Ngouateu, propriétaire d’un cabinet comptable à Akwa.

De l’avis de certains chefs d’entreprise, lorsqu’une entreprise franchit la barre de cinq ans d’âge, il est difficile pour elle de mourir. Même si, « l’on constate qu’au Cameroun, il existe des entreprises qui se sont ficelées une notoriété durant une dizaine d’années, et pour des raisons quelconques ont fait faillite. Ou dans un autre cas ont eu à changer d’activité », indique Rostand Niamey, chef d’entreprise. Pour ce dernier, plusieurs phénomènes influencent l’activité des entrepreneurs camerounais. « Il s’agit entre autres du financement, de la mauvaise gestion et management, de la conjoncture économique et bien d’autres. Ils contribuent à la faillite d’une entreprise et empêche parfois certains d’atteindre leurs objectifs », relève l’entrepreneur.

Pour faire perdurer leur affaire, certains chefs d’entreprises recommandent de bâtir un business plan et un plan marketing alléchants. « Il est très important pour le jeune entrepreneur de connaitre le marché dans lequel il s’aventure. Ceci pour lui permettre de contrecarrer les aléas. Par-dessus tout, il doit avoir foi à son projet », fait savoir Robert Nintcheu, avocat conseil.

Ghide

Germain Salla, chef d'entreprise

Germain Salla, chef d'entreprise

Germain Salla

« Il est important de réaliser un business plan alléchant »

Le chef d’entreprise donne quelques éclairages pour monter une bonne affaire au Cameroun.

Au Cameroun, les PME ferment de plus en plus leurs portes. Certaines  d’entre elles ont du mal à faire décoller leur business et au finish, décident parfois de changer d’activité. Comment comprendre cette situation ?

L’entreprise est avant tout considérée comme un bien. Les propriétaires peuvent décider à un moment donné de céder ce bien pour des raisons quelconques. Cette cession  peut être volontaire.  La disparition de certaines entreprises peut aussi être visible à cause des pressions conjoncturelles. En ce moment,  l’état du marché ne répond plus à certaines attentes. Il peut ne plus être porteur. Ou dans un autre cas, l’entreprise manque d’outils de production pour faire face à la concurrence. Des problèmes de gestion peuvent aussi contribuer à la mise en liquidation de l’entreprise. Cela dit, plusieurs raisons  peuvent influencer la bonne marche d’une entreprise. Mais, ces obstacles ne sont pas uniquement perceptibles au Cameroun. Dans d’autres pays d’Afrique et d’Europe, cette disparition d’entreprises liée parfois à la  mauvaise gestion est palpable.

Comment faire pour contourner ces difficultés et monter une bonne affaire qui marche ?

La création d’une entreprise débute par une idée. L’entrepreneur doit soulever des interrogations autour de cette idée. Notamment celles de savoir si cette  idée peut produire de l’argent ; si elle peut perdurer dans le temps. Toutes ces analyses doivent se retrouver dans ce qu’on appelle le business plan. Il est connu comme étant le guide, la voie de tout entrepreneur. A travers ce business plan, l’entrepreneur peut savoir si son idée est vendable, s’il peut attirer des partenaires...  tout commence par cet instrument, l’on peut avoir une bonne idée mais après vérification faite sur le terrain, on se rend compte que le marché ne s’adapte pas. Ou encore qu’on manque de financement pour mettre au point ce projet. C’est pourquoi, il est important de réaliser un business plan qui va ressortir les informations liées au financement, au marché, au management etc. En outre,  le business plan n’est pas statique. Il évolue après trois ou quatre années et s’adapte au marché.

Quelle lecture faites-vous de la situation entrepreneuriale au Cameroun ?

Aujourd’hui, les Camerounais sont de plus en plus  créatifs. Même les pouvoirs publics intègrent cette donnée dans la question de l’employabilité. Notamment en ce qui concerne l’auto-emploi. Les gens commencent à comprendre qu’il est bien d’être un travailleur indépendant. Cependant,  il y a encore beaucoup de frein pour que l’on assiste à ce boom.  Les gens ont encore peur de faire le pas. De plus  l’environnement joue aussi un rôle dans ce système. Car,  on évolue dans un environnement institutionnel donné. De surcroît, il n’est pas adapté à notre contexte. Je pense qu’au fur et à mesure qu’on avance l’esprit entrepreneurial se fait sentir. Tout de même, il faudrait que le Cameroun crée de véritable  marque. De telle manière que l’on sache que tels produits ou encore telle entreprise est de marque camerounaise comme c’est le cas avec Mercedes en Allemagne, Coca-cola en Amérique etc.

Ghide

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