Cameroun. L'exploitation illicite du bois s'intensifie
Cameroun. L'exploitation illicite du bois s'intensifie

Une mission d’évaluation du rôle des communautés dans la mise en œuvre du plan d’action FLEGT (PAF), déroulée le 22 mai 2015, dans les communautés de Mapoupi et de Ndokok a pu faire le constat.

Selon la note d’information publiée par l’Organisation non-gouvernementale, Forêt et développement rural (Foder), sur sa page Facebook, la suppression par la loi de finances 2015, des 10% de la redevance forestière annuelle (RFA), destinés aux communautés rurales ne ravit pas ces dernières. Elles ont d’ailleurs exprimé leurs mécontentements lors d’une mission d’évaluation du rôle des communautés dans la mise en œuvre du plan d’action FLEGT (PAF) déroulée le mois dernier.

Le rapport établi par les évaluateurs de l’OIF indique par ailleurs que, les communautés sont depuis lors démotivées pour exercer les missions d’observation indépendante externe des forêts(OIF), outil nécessaire pour améliorer la gouvernance forestière. Le Vice-président du Comité de développement de Mapoupi (Codema), village situé dans le département de la Sanaga maritime, a d’ailleurs relevé que : « Les communautés observaient leurs forêts parce qu’elles percevaient quelques choses à travers la RFA. Aujourd’hui qu’on ne perçoit rien, vous voulez que cette observation continue pour quelles raisons ».

La communauté de Mapoupi n’est pas la seule heurtée par cette suppression de la RFA. Sa majesté Désiré Nkomba Bell, chef du village de Ndokok, dans la région du Littoral relève d’ailleurs que quelques uns des observateurs indépendants formés dans les villages, sont aujourd’hui démotivés à assurer le contrôle de leur forêt. « Ne voyant plus leur intérêt, ils ne pourront plus se livrer à l’exploitation illégale… », redoute-il. Malgré la suppression, apprend-on, certains observateurs continuent de surveiller leurs forêts.

Au delà de cette contrainte, les évaluateurs EggerTopper et Yann Petrucci, ont été également interpellés sur la réaction de l’administration forestière lorsque les faits d’exploitation forestière présumée illégale sont dénoncés. « La réaction de l’administration forestière demeure lente et même parfois inexistante », affirment les observateurs des deux communautés. Cependant, un autre problème se pose. Lorsque les faits sont vérifiés et constatés par les brigades régionale ou nationale de contrôle forestier; les communautés n'ont aucune informations sur les suites données au traitement des dénonciations. Pour le président du Codema, malgré la transmission au ministère des Forêts et de la Faune (Minfof) des rapports sur les activités d'exploitation de bois, « certaines sociétés forestières, s’appuient sur la corruption dans l’administration forestière pour continuer leur exploitation », a souligné Luc Ndebe aux évaluateurs.

Ghide

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