à gauche, Denis Nkewbo, président du SNJC
à gauche, Denis Nkewbo, président du SNJC

A la suite de la décision portant suspension de sept organes de presse le 4 juin 2015, les membres du Syndicat estiment que le CNC, qui fonctionne depuis le 4 décembre 2014 sans président est hors la loi.

Le Syndicat national des journalistes du Cameroun (SNJC), n’a pas attendu longtemps pour s’exprimer sur les sanctions infligées à sept organes de presse camerounaise par le Conseil national de la communication (CNC). Ainsi, le syndicat a organisé une conférence de presse hier, jeudi 11 juin 2015 à Douala, pendant laquelle Il reprochait le caractère anticonstitutionnel du conseil. « Le SNJC déclare nulles et de nul effet toutes les décisions prises par le conseil. Le SNJC récuse le CNC, dont le fonctionnement est rendu impossible et illégale », a déclaré fermement, Denis Nkewbo, président national du SNJC, avant d’ajouter : « La vacance de la présidence du CNC ayant dépassé le délai de six mois, les décisions prises par le conseil à compter du 4 décembre 2014, date de la forclusion de l’intérim assuré par Peter Essoka, ne sont plus valables ».

Des propos soutenus par la plupart des journalistes présents à cette conférence. Dont, Edmond Kamguia, Journaliste au quotidien la Nouvelle expression. Pour ce dernier, « le Conseil national de communication vilipende la liberté de la presse ». De ce fait, il suggère au syndicat des journalistes, d’adresser un courrier au parlement contre le CNC. Tout comme il propose que soit entrepris un certain nombre de consultation avec des ainés de la profession de journalisme pour créer un tribunal des pairs. Ou encore, « d’adresser un mémorandum au Premier ministre », propose Frédéric Boungou, directeur de publication du quotidien le Messager. Dans cette optique, le SNJC entend interpeller la Fédération des éditeurs de la presse camerounaise à condamner ouvertement, puis de contester le CNC actuel dont le mandat du président par intérim est « forclos ».

Les mesures prises par le CNC à l’endroit des sept organes de presse, (Afrique media, le Renard, Royal FM, Climat social, Cameroon Herald, Vanguard ) en cette période ont été vivement critiquées. Selon Mathieu Nathanaël Njog, Secrétaire général du SNJC, « il n’est pas normal de faire endosser la faute d’une personne à tout un organe, et de mettre tout son personnel au chômage, pendant un mois, sans prendre des mesures compensatoires ». En se référant sur les conventions no 87 portant sur la liberté syndicale, et no 98 de l’Organisation internationale de travail (OIT), portant sur la liberté de l’association collective ; également à la charte de Munich, équilibré en droit et devoir du journaliste, Dénis Nkwebo pour sa part, indique entre autres que, « le journaliste est invité à dire la vérité, ce au prix de sa vie ».

Ghide

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