Une vue de la poste de Bonanjo
Une vue de la poste de Bonanjo

L’unique entreprise publique dans le secteur postal au Cameroun a profité de la célébration de la journée mondiale, vendredi dernier, pour sensibiliser le public sur ses dernières innovations.

La journée mondiale de la poste a été célébrée vendredi dernier au Cameroun, comme un peu partout dans le monde. Une occasion pour la Cameroun postal service(Campost) de sensibiliser le grand public sur ces dernières innovations, visant à redorer le blason d’une entreprise dont l’image a été ternie par la déréglementation du secteur postal, il y a dix ans. Dans la région du Littoral, et notamment à Douala, capitale économique du pays, l’agence régionale de cette entreprise parapublique ne s’est pas empêchée de distribuer des flyers aux passants et autres curieux, qui se demandaient sans doute ce que devient la Campost après la crise postale intervenue en 2005. L’on se souvient alors que de nombreux Camerounais, qui gardaient leur argent à la poste, ne pouvait y accéder à cause de ladite crise.

Dix années après, la Campost semble progressivement sortir la tête de l’eau. Avec l’arrivée de Nouvelles technologies de l’information et de la Communication(NTIC) et de nouveaux concurrents à l’instar de DHL, Solex et des agences d’envoi rapide d’argent, la Cameroun postal service (Campost) a effectué quelques innovations dans son porte feuille produits pour s’arrimer à la tendance actuelle. Aujourd’hui, il met à la disposition du grand public une vingtaine de produits, dont la plupart sont financières et postaux (colis…). Dans sa gamme de produits figure en bonne place le service accéléré EMS, qui permet l’envoi rapide des courriers et colis sur le plan national et international. Ou encore le service Melo (mandat express local), qui pour sa part permet d’envoyer instantanément de l’argent dans les 250 points de vente disséminés sur l’ensemble de territoire national.

Selon Jean Pierre Tsamo, chef de ventes régional de la Campost, les NTIC ne sont pas un handicap pour la poste, mais plutôt une opportunité. « Les activités liées au e-commerce favorisent la livraison des colis. Et avec l’avènement des TIC, nous avons noué des partenariats avec des sociétés à l’instar de Jumia pour faciliter la livraison de leurs colis », relève Jean Pierre Tsamo. A l’en croire, la Campost se positionne aujourd’hui comme un partenaire incontournable dans le transfert des colis. Ainsi, malgré la déréglementation survenue dans le secteur il y a environ 10 ans, la société n’a apprend-on jamais cessé de baisser les bras. S’appuyant, sur le thème de la journée mondiale des postes : « innovation, inclusion et intégration sont les principaux facteurs de succès pour l’avenir de la poste », la Campost continue de batailler dur pour être leader dans les services postaux et transferts d’argent au Cameroun.

Née en avril 2004 de la fusion de la Sonaposte (Société nationale des postes) et de la Caisse d'épargne postale (CEP). La Campost avait, jusqu’au 1er janvier 2007, pour unique actionnaire l'État camerounais. Mais depuis cette date, la Campost est gérée par le groupe canadien Tecsult International, chargé d'assainir sa gestion, apprend-on.

Ghide

Mohamadou Bassirou, Délégué régional du Littoral des Postes et télécommunications

Mohamadou Bassirou, Délégué régional du Littoral des Postes et télécommunications

Mohamadou Bassirou

«  L’activité postale est parsemée d’intrus »  

Le délégué régional des postes et télécommunications fait une précision sur l’activité des postes au Cameroun.

Quelles sont les difficultés que rencontre le secteur des postes au Cameroun ?

C’est vrai que l’activité postale bat de l’aile au Cameroun depuis l’introduction de Nouvelles technologies de l’information et de la communication(NTIC). C’est pour cela que le thème de cette année est très évocateur pour l’avenir de la poste. La poste traditionnelle a connu ce problème dès l’avènement des nouvelles technologies. Et, aujourd’hui, la population se rue  vers elles. Mais il n’en demeure pas moins vrai que les services postaux restent toujours valables et utilisés par certains Camerounais. En plus, nous avons connu une crise postale intervenue en 2005, il s’agissait de la crise de l’épargne.  Beaucoup de Camerounais gardaient leur épargne à la poste, avec cette crise il y a une  tension de trésorerie. Aujourd’hui nous mettons tout en œuvre pour développer cet engouement d’antan. De plus, l’avènement des NTIC nous a permis d’innover et faire face  à la rude concurrence.

Comment  avez-vous procédé ?

Aujourd’hui, la poste camerounaise innove. Il y a une infrastructure moderne qui a été mise en place par le gouvernement. Il s’agit entre autres de la e-post, qui permet d’informatiser et de relié tous les bureaux de poste du Cameroun. Depuis 1990, l’Etat s’est retiré de l’exploitation pour créer un opérateur qui en a la charge et a également ouvert le secteur du marché postal au privé. D’où l’installation de plusieurs opérateurs privés. Mais l’installation s’est faite de façon anarchique. Et, le secteur est parsemé d’intrus. Cette situation a dégradé la qualité de service et a fait naître des arnaques et bien d’autres infractions. Nous avons lancé il y a quelques temps une opération d’assainissement et de sensibilisation des différents acteurs du secteur. Car,  il y a une loi qui régit l’activité postale au Cameroun. A travers cette opération, nous avons servi en septembre une quarantaine de mise en demeure à certains opérateurs. Et, aujourd’hui plus de vingt sont en règles ou en voie de l’être. Actuellement nous étudions les requêtes déposées par d’autres. La journée mondiale des postes que nous célébrons ce 9 octobre marque l’anniversaire de la fondation de l’Union postale universelle, qui est en fait le régulateur du secteur postale universelle.

propos recueillis par Ghide

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