La finance inclusive pour financer l'agriulture
La finance inclusive pour financer l'agriulture

Elle a été adoptée en 2013 par le gouvernement pour promouvoir l’agriculture locale.

Le constat est clair. Le faible accès au crédit constitue un handicap majeur pour les femmes rurales. Le préfet du département du Wouri, Naseri Paul Bea, qui a présidé la cérémonie de la Journée mondiale de la femme rurale(JMFR) à Douala, samedi dernier, est revenu sur ce détail qui opprime l’épanouissement de la femme rurale. Car, sans garantie de prêts, sans culture financière, et parfois vivant dans des zones où il n’existe pas d’établissement financier, « les femmes ont du mal à promouvoir l’agriculture locale », a-t-il relevé avant d’ajouter. Pourtant, « l’agriculture de seconde génération vers laquelle le gouvernement s’est tourné, est une agriculture moderne qui requiert l’utilisation d’intrants adaptés, de matériel agricole et équipements innovants dont l’acquisition nécessite la mobilisation de ressources financières ».

Ainsi, avec pour objectif de promouvoir l’accès des femmes rurales aux ressources financières afin de réduire la pauvreté, le gouvernement a entrepris de faciliter l’accès au crédit aux femmes rurales à travers la finance inclusive. Pour cela, il a adopté en 2013, la stratégie nationale de la finance inclusive , qui vise à mettre au profit de ces dernières et des jeunes filles rurales, un service financier cohérent, intégré et adapté à leurs besoins. Comme l’indique Naseri Paul Bea, la finance inclusive, va offrir et rendre accessibles des produits bancaires et des services financiers aux populations pauvres qui, en raison de leurs faibles moyens, sont généralement exclues des circuits bancaires classiques. Concernant la femme rurale, c’est une porte qui s’ouvre à elle. Si l’on en croit le Représentant du gouvernement présent lors de cette journée, la finance inclusive permet donc à celle-ci de financer leur activité, d’épargner, de subvenir aux besoins de leurs familles et de se protéger contre les risques de la vie courante.

Par cet accès au crédit, les femmes rurales sont ainsi placées dans les conditions optimales pour améliorer, augmenter leur production, et devenir compétitives à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Et par la même occasion elles pourront participer à la création des emplois et booster le développement économique du pays, nous fait-on savoir. Fadimatou, présidente nationale du Réseau des femmes actives de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, (Refac) a en effet hâte de tirer profit de cette finance inclusive et contribuer au développement de l’agriculture locale. « L’accès au crédit est un épineux problème. Et, aider la femme à travers la finance inclusive est un grand pas », a-t-elle affirmé.

Les femmes rurales représentent plus du quart de la population mondiale. Selon la FAO, elles produisent 60 à 80% des aliments de base en Afrique subsaharienne et dans les Caraïbes. Au Cameroun, les femmes représentent 50,6% de la population et 52% d’entre elles résident en zone rurale d’après les résultats du 3è recensement général de la population et de l’habitat (2005). Même s’il est difficile d’évaluer précisément la contribution des femmes au secteur agricole, en raison de l’absence de statistiques ventilées, la FAO estime que les femmes rurales camerounaises fournissent environ 90% des denrées nécessaires à la subsistance de la population.

La 20ème édition de la JMFR, s’est déroulée sous le thème : « Femmes rurales : accès aux ressources financières dans le secteur agroalimentaire ».

Ghide

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