l'arrêté du Premier ministre pas encore respecté
l'arrêté du Premier ministre pas encore respecté

Plus d’un mois après la publication de l’arrêté du Premier ministre(PM), chef du gouvernement, qui « fixe les conditions de manutention, de stockage et de transport par palettes des bouteilles GPL au Cameroun », les manutentionnaires ne se sont toujours pas arrimés.

Lundi 19 octobre 2015 au quartier pk 12 à Douala, un camion transportant des bouteilles de gaz non palettisés, s’arrête tout juste devant une quincaillerie. A l’intérieur du camion, les bouteilles sont couchées et empilées les unes sur les autres. Deux jeunes hommes, la trentaine à peine, s’affairent au déchargement des bouteilles et les déposent à même le sol tandis que le propriétaire du commerce se charge à son tour de les transporter dans son magasin. Les garçons qui effectuent cette opération ne sont pourvus d’aucun équipement de sécurité mentionné dans l’arrêté signé le 26 mai 2015 par Philémon Yang, qui « fixe les conditions de manutention, de stockage et de transport par palettes des bouteilles GPL au Cameroun ». Dans cet arrêté, il est recommandé aux manutentionnaires l’usage de palettes, de chaussures de sécurité et de gants.

A quelques encablures de ce lieu, un dépôt d’une très grande capacité situé tout près des maisons d’habitations viole lui aussi l’arrêté du PM. Les camions et la plupart des employés de ce dépôt ne sont pas munis de kit de sécurité. Des cas similaires sont légions dans la ville. Même les stations services ne sont pas exemptées. Dans la ville, les engins transportant les bouteilles de gaz de marque Tradex, sans palettes, couchées et empilées les unes sur les autres continuent de circuler à longueur de journée d’un point de vente à l’autre. Dans le local gaz des stations, c’est la même disposition qui est adoptée. De plus, les employés de ces stations services ne disposent pas de gangs lors de la manutention de ces bouteilles GPL.

Très flagrant encore, sur le toit d’une maison d’habitation, au quartier Akwa à Douala, une bouteille de gaz attire l’attention des voisins. A en croire certains, elle y a passé la nuit. « Elle a été abandonnée à cet endroit par le propriétaire après avoir fini de réparer son toit », révèle un voisin. Cela dit, bon nombres de ménages et d’utilisateurs de gaz domestique ignorent l’existence de cet arrêté. Approché, Guillaume T., un quincailler dit pour sa part n’être pas au courant des conditions de manipulation des bouteilles gaz de pétrole liquéfié(GPL). « C’est d’ailleurs vous qui me tenez informer. De plus s’il y avait un travail de corrélation entre les différentes délégations et la sécurité qui s’occupent de ce secteur, nous serions depuis longtemps arrimés », fait-il savoir. Du côté des marketeurs, ils attendent que l’arrêté soit réellement effectif pour se mettre à la page. « En phase d’application de l’arrêté, les transporteurs agrées à Tradex, vont désormais circuler avec des camions palettisés », affirme Calvin M’bond, responsable de la communication à Tradex.

Même au niveau de la délégation régionale des Mines, de l’industrie et du développement technologique, rien n’a filtré. Certains responsables confessent qu'ils ne sont pas au courant de l’arrêté du PM.

En rappel, l’arrêté du PM, signé le 26 mai 2015, mais publié plus de trois mois plus tard, le 31 août 2015, vient juste s’arrimer à celui du Ministre de l’Eau et de l’énergie (Minee), Basile Atangana Kouna, publié au début du mois de juin de cette année. Cet arrêté portait notamment sur les modalités d’implantation géographique des centres de redistribution ou dépôts de stockage des bouteilles de GPL. Ledit texte mettait un point d’honneur sur les distances à observer entre ces établissements de deuxième catégorie, jugés dangereux, et les maisons d’habitation ou les établissements accueillant le public.

Ghide

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