Evodie Meugang
Evodie Meugang

Elle fabrique ses toiles avec des feuilles mortes, de la mousse, des feuilles de bâtons de manioc, etc.

Préserver l’environnement, Evodie Meugang en a fait un devoir. Cette jeune artiste d’origine camerounaise se plait à récupérer des déchets (alimentaires, végétales…) rejetés dans la nature pour faire des tableaux. Contrairement à ses confrères qui utilisent la peinture pour réaliser leurs toiles, l’ingrédient principal d’Evodie c’est la terre. « J’utilise tout ce que la nature m’offre pour confectionner mes œuvres. J’aime le naturel », affirme l’artiste. Confectionner ses toiles à partir des feuilles mortes, des tiges, des roseaux, de la mousse, des feuilles des plantes servant à emballer les bâtons de manioc, la paperasse inutile etc. c’est pour elle une façon de s’investir dans l’économie verte. « La nature a tellement à offrir, et il suffit d’avoir un peu d’imagination pour en tirer profit », précise Evodie Meugang. L’artisane le montre d’ailleurs bien à travers ses œuvres, qui, revêtent sous différents prismes la culture africaine.

Evodia Bel art, de son nom d’artiste est jeune et talentueuse. La native de Baham, département des Hauts-plateaux, dans la région de l’Ouest tire son inspiration de ses origines. Dès le bas âge, elle avait déjà un goût « assez » prononcé pour l’art. « A l’âge de 5 ans, elle s’adonnait au bricolage d’une façon toute particulière », révèle l’un de ses proches. Comme pour dire que son art est une passion qui découle de la nature. Et, « pendant les vacances, mes parents nous emmenaient mes frères et moi passer du temps au village. Là bas, je passais souvent des heures à contempler le paysage. J’étais obsédée par ce que je voyais », relate-t-elle avec enthousiasme, avant d’ajouter. « C’est cette image que j’essaye aujourd’hui de mettre en relief ».

Agée de 27 ans, elle est titulaire d’un baccalauréat scientifique série D. Seulement, après l’obtention de son examen, elle n’a pas eu la possibilité d’intégrer une école d’art encore moins une université, faute de financements. « Mes parents ne disposaient pas suffisamment d’argent pour me faire intégrer une grande école. Mon cycle secondaire je l’ai fait comme tous les autres. Pour moi, c’était juste pour m’instruire et ne pas rester à la maison », indique-t-elle d’un air déçu. En dépit de cela, elle n’a jamais baissé les bras. Bien au contraire son génie a accru.

Habituée au vernissage (peinture), elle commence réellement à s’adonner dans l’art écologique en 2012. Ce qu’elle représente aujourd’hui n’est pas très éloigné de ce qu’elle faisait auparavant. A la seule différence, qu’en lieu et place d’un pinceau et des pots de peinture, elle matérialise ses dessins avec du sable, de la terre rouge, des feuilles mortes de bananiers etc. une façon pour elle de trouver ses réalisations plus vivantes et symboliques.

Dans son atelier, elle dispose un dizaine de tableaux, soigneusement montés avec des éléments issus de la nature. L’un d’entre eux, plus grand attire l’attention. L’image renvoi à un petit village du Cameroun. Pour réaliser cette belle illustration, elle dit avoir utilisé « de la mousse végétale, des feuilles de bananiers séchées, du tissu-pagne, du roseau et de la terre rouge ». Le coût de cette œuvre est estimé à 50 000FCFA. Concernant les autres toiles, les prix varient en fonction de la dimension et du dessin. Malgré sa passion pour l’art et l’environnement, l’artiste aux doigts de fées dit ne pas tirer avantage de son métier. Mais elle s’y accroche corps et âme. Comme pour dire qu’on en commande à la nature en lui obéissant…

Ghide

L'artisane et son art

L'artisane et son art

Retour à l'accueil