Dans certains pays, la culture du champignon prend de l'ampleur
Dans certains pays, la culture du champignon prend de l'ampleur

Les Myciculteurs font face à de nombreuses difficultés, à cause de cela, certains ont quasiment abandonnés la filière.

Le Mycélium, encore appelé champignon est un produit prisé un partout dans le monde. Dans certains pays comme la Chine, les Etats-Unis, le Pays bas ou encore la France, la culture du champignon joue un rôle important sur l’économie. Il est respectivement produit dans ces pays à hauteur de 1,3 million de Tonnes(t), 391000t, 269000t et 165647t. Ces chiffres ont été relayés par le FAO. L’organisation relevait ainsi les données de productions de ces pays pour la période 2003-2004.

En Afrique, particulièrement au Cameroun, l’on essaye tant bien que mal de se frayer un chemin dans la myciculture (culture du champignon). Seulement, les difficultés auxquelles font face les myciculteurs (producteurs de champignons) demeurent encore très problématiques. Mme Yvette Soffo, en sait d’ailleurs quelques choses. Elle s’est lancée dans la culture du champignon il y a environ 5 ans. A l’en croire, produire les champignons n’est pas chose difficile. La difficulté selon elle, se trouve au niveau de l’acquisition des semences. « Il n’est guère facile de se procurer les semences du mycélium, et plusieurs cultivateurs n’en fabriquent pas. Ils se contentent de se les procurer auprès des autres myciculteurs, qui parfois ont eux aussi ont du mal à mettre sur le marché des semences de qualité», relève Yvette Soffo.

Le problème de la disponibilité des semences inquiètent plus les myciculteurs. C’est d’ailleurs à cause de cela que beaucoup rechignent à s’investir dans le domaine. Surtout qu’il faut trouver la bonne semence et produire des champignons comestibles. Etant donné que, « les gens ont souvent peur d’en consommer et ne sont pas certains de la qualité présentée. Alors dans ce cas, il faut être pointue sur le produit », relève Onana, myciculteur. Qui, dit très souvent répondre à plusieurs préoccupations des clients sur l’origine même des champignons qu’il vend. « Les gens craignent de consommer des champignons sauvages et dangereux ramassés dans la nature. Alors, il nous revient de les rassurer », indique le jeune myciculteur.

Selon Simon Nyobe Nyobe, formateur et myciculteur, dans tout processus de production, il y a un problème de la disponibilité du matériel végétal. Et, « c’est un problème qui existe depuis longtemps, car les problèmes de semences continuent à se poser », fait-il savoir avant d’ajouter. « Lorsqu’il y a une spéculation aussi délicate sur la myciculture, les problèmes de semences interviennent immédiatement. Et, cette situation peut faire naitre l’incertitude chez certaines personnes qui voudraient aller vite. Et à partir de cela, il peut avoir un relâchement ». Cela a d’ailleurs été le cas de Christian T. un ancien myciculteur reconverti en cacaoculteur.

Reconversion

Rencontré il y a environ deux semaines lors de la deuxième édition des produits forestiers non ligneux (PFNL) à la Chambre de commerce à Douala, Christian n’a d’ailleurs pas souhaité s’exprimer sur le sujet. Pourtant, selon les autres artisans, il fait partie de ces personnes qui ont développé un réel engouement pour la culture du mycélium il y a plusieurs années. Même si, aujourd’hui, cette culture n’est plus que du passé pour lui. Aujourd’hui reconverti en cacaoculteur, Christian T. s’est lancé dans la myciculture quand il était encore étudiant. Et, c’est dans sa chambre d’étudiant qu’il a construit sa propre champignonnière. Quelques années plus tard, l’activité n’étant pas rentable, il décide d’abandonner pour se concentrer sur la transformation du cacao. « Il avait pourtant bien commencé, il récoltait souvent plus de 4Kg de champignons. Son problème était en majeur partie centrée sur la disponibilité de la semence et peut être bien d’autres raisons encore dont lui seul peut nous éclairer », relève l’un de ses pairs.

Approché tout de même, Christian refuse de s’exprimer sur le sujet, et de partager son expérience. « Je ne veux pas en parler, quand j’y repense cela me fait énormément souffrir », a-t-il dit. Conclusion, l’on ne connaitra pas les raisons de son abandon. Même si, Christian n’a plus le même engouement d’antan pour la culture du mycéluim, d’autres veulent découvrir, ce peut importe l’âge. Mme Ruth Eleke, la quinquagénaire en est à sa toute première expérience. Elève de Simon Nyobe Nyobe, elle nourrit d’ambition dans ce secteur peu promoteur au Cameroun. Pour sa toute première expérience, Jean Marie Sita, l’organisateur du Week-end les PFNL lui a donné l’occasion de s’exprimer au cours de cette foire. Elle en a d’ailleurs profité pour apporter les fruits de sa récolte ensemencés depuis le mois de juillet 2015. « Ma seule inquiétude à juste été le fait qu’ils n’ont pas commencé à produire à partir de 21 jours comme indiqué par le formateur, ils ont mis trop de temps à fleurir », a-t-elle dit très impatiente de voir les autres champignons prendre vie à leur tour.

ACEFA

Ils sont nombreux les myciculteurs qui ont bâti leur rêve sur la persévérance avant de se voir produire en grande quantité aujourd’hui. Thérèse Dongmo, Délégué du GIC EMA dans le département de la Menoua en sait d’ailleurs quelque chose. Elle a déjà travaillé avec les responsables du Programme d'Amélioration de la compétitivité des exploitations familiales agropastorales (Acefa). Mycicultrice depuis 2006, la culture de ce produit forestier non ligneux lui permet aujourd’hui de nourrir sa famille, de leur soigner et de continuer à produire beaucoup plus. Pour ce qui est de la commercialisation, « c’est le produit qui manque et non le marché. Nous faisons des efforts pour essayer de produire en grande quantité », relève-t-elle. Avant, le GIC produisait à peine 10kg, mais aujourd’hui, il produise entre 30 et 50 kg par mois.

A la délégation régionale du ministère de l’Agriculture et du développement rural (Minader) l’on nous fait savoir que le Ministère avait pris l’initiative de réorganiser le domaine en débutant par la semence. Ainsi, des responsables de multiplication des semences ont été désignés dans les dix régions. Et, ces derniers sont chargés de mettre à la disposition des producteurs opérationnels de la semence à la demande de chacun pour qu’ils puissent s’exercer.

La culture du champignon est pratiquée depuis plusieurs années au Cameroun. Selon les myciculteurs, pendant une certaine période, l’activité s’est retrouvée au creux du vase, ceci à cause du contexte économique. Seulement, après réhabilitation du projet, « on a commencé véritablement à parler de la myciculture et ce redécollage dans les années 2000 », nous font-ils savoir. Cela fait presque 15 ans maintenant. Mais, pour Simon Nyobe Nyobe cela n’est pas suffisant. Néanmoins, « les gens qui s’y sont engagés ont permis que ce projet soit logé au Minader », conclut-il.

Ghide

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