Paul BIYA, Président de la République du Cameroun

Comment sera-t-il financé et quelle sera la répartition ? Pour les économistes, Paul Biya va lancer un emprunt obligataire pour financer le plan triennal Spécial Jeunes.

Lors de son adresse à la jeunesse camerounaise le 10 février dernier, le Président de la république, Paul Biya à prescrire le lancement d’un plan triennal « Spécial jeunes », doté d’une enveloppe globale de 102 milliards de FCFA. Ce qu’il n’a pas dit à la jeunesse, c’est d’où va provenir cette somme d’argent ou quelles sont les répartitions. Surtout que, le budget de l’Etat pour l’exercice 2016 a déjà été voté et promulgué à 4 234,7 milliards de FCFA, après avoir fait l’objet d’un examen devant les deux chambres du parlement. De l’avis des économistes, Paul Biya peut, soit faire financer par des recettes budgétaires en puisant dans les lignes actuelles, soit lancer un emprunt obligataire pour financer ce nouveau plan triennal. Sur ce, la plupart des économistes penchent sur la deuxième option. « Il est presqu’évident que Paul Biya va faire recours à l’emprunt pour financer ce projet. De surcroît, j’ai bien peur que tout cela soit juste un fiasco », relève Jean Emmanuel Mpouma, économiste.

A l’en croire, même si cette somme venait à être dégagée, les jeunes ne bénéficieront pas de la totalité des 102 milliards de FCFA. « Nous fonctionnons dans un système qui a des mécanismes dilatoires. Notre système est corrompu. Et, il est illusoire de croire qu’on peut lutter contre les détournements de pouvoirs publics au Cameroun », fait-il savoir. C’est pourquoi, l’économiste Chrétien Tabetsing, invite les jeunes à se prendre en main. Pour lui, cet argent ne peut pas résoudre les problèmes que rencontre la jeunesse camerounaise. Et, indique par la même occasion qu’il s’agit juste « d’un pactole à se partager ». En pointant du doigt les autres projets déjà crées jusqu’ici en faveur des jeunes, les économistes pensent alors que c’est peine perdue. Ainsi, il reproche au Président de la république, d’ignorer les autres programmes et projets mis en place pour aider les jeunes vivant en milieu rural et urbain. « Il a fait un black-out total sur les anciens projets. Il a fait un budget d’urgence, sans présenter le bilan des anciens projets, ce qui n’est pas normal », lance Jean Emmanuel Mpouma.

Quant aux jeunes, ils apprécient à sa juste valeur le geste du président qui a décidé de consacrer un plan d’insertion socio-professionnelle financé à hauteur de 102 milliards de FCFA. Mais ils restent sceptiques. « Le montant alloué ne va pas forcément répondre à tous nos problèmes, mais on apprécie le geste. C’est un bon début. L’état nous accompagne et nous ne devons pas rester les bras croisés. Nous sommes un pays en voie de développement. L’Etat joue sa partition et nous la nôtre », affirme Christian Essame, Co-fondateur de Kmer-Start-up HUB. Il s’agit d’une petite entreprise qui accompagne les jeunes porteurs de projets évoluant pour la plupart dans le domaine digitale.

Selon Churchill Mambe Nanje, promoteur de Njorku, un moteur de recherche qui donne la possibilité aux jeunes de trouver de l’emploi en ligne, l’annonce faite par le Président de la République, Paul Biya est un signe d’encouragement. « C’est une bonne initiative entreprise par le gouvernement pour entrer dans l’économie de la technologie et d’investir cette somme pour permettre et développer l’économie numérique », relève-t-il très enthousiaste. A l’en croire, si cet argent est bien managé, il permettra aux jeunes de créer plus d’affaires, et d’accroitre le Produit intérieur brut(PIB) du pays.

Dans les ministères on est pourtant peu disert sur ce plan d’urgence qui doit donner un coup de pouce à l’emploi. Peu de responsables en connaissent le contenu, certains doutent même qu’il en ait déjà un. « Je crois que c’est maintenant qu’on va commencer à travailler pour savoir quelles seront les secteurs prioritaires pour bénéficier de ces 102 milliards et comment on les alloue », a commenté un haut responsable du Minjeun, avant d’ajouter : « c’est simplement mon avis, inutile de me citer ».

Ghide

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