Les aviculteurs sont dans l'inquiétude
Les aviculteurs sont dans l'inquiétude

Pour la plupart d’entre eux, la présence des coqs et poules vivants importés aura un impact négatif sur leur activité.

La situation est alarmante. Parmi les 1760 produits européens qui bénéficient du démantèlement tarifaire figurent en bonne place, la volaille. Il est d’ailleurs remarqué dans cette liste la présence des coqs et poules vivants, « d’un poids n’excédant pas 185g », précise-t-on. Le poids ainsi indiqué de ces volatiles montre à suffisance qu’il s’agit bien des poussins. Une situation qui inquiète de plus en plus les aviculteurs locaux. « Je suis sidérée par la présence des volailles dans la liste des produits concernés par les accords de partenariats économiques. On savait déjà que malgré l’interdiction de vente et d’importation des poulets congelés, on en trouvait toujours sur le marché. Mais ce commerce se passait de manière très discrète. Cette fois-ci, c’est encore pire. J’ignorais qu’on allait être concerné par ces accords », s’alarme Réné Afom aviculteur, basé à Douala. Ce dernier n’est pas le seul à reconnaitre que l’importation des coqs et poules vivants va démolir la filière au Cameroun.

Dans la région de l’Ouest Cameroun, point focal important de la république dans l’élevage des poulets, les plaintes fusent de partout pour déplorer l’importation de ces volailles. Dans chaque ferme avicole, les complaintes des aviculteurs sont de plus en plus fortes. « On en pas finir de parler de grippe aviaire qu’on nous rabat déjà à l’oreille que les importations des poulets et coq vivants sont désormais possibles au Cameroun », lance Guillaume Kameni, éleveur de poulets à Banka. Ville située dans le département du Haut-Nkam, région de l’Ouest-Cameroun. René Djonou, hommes d’affaires, et aviculteur possède lui aussi une ferme dans cette région du pays. A l’en croire, la présence de ces animaux dans la liste de ces produits exonérés de droit de douane montre à suffisance que le gouvernement n’encourage pas la production locale. « À ce niveau il est clair que, l’activité avicole est menacée. Les éleveurs sont déjà assez mal en point pour qu’on vienne leur remettre cela sur le dos. Il n’est guère facile de faire concurrence avec les produits européens, surtout que le gouvernement leur a énormément facilité les choses avec le démantèlement tarifaire », s’indigne-t-il.

En rappel, le communiqué signé le 28 juillet 2016 par la Commission européenne, concernant ces accords, «prévoit l'accès en franchise de droits de douane et sans contingent au marché de l'Union européenne pour les exportations en provenance du Cameroun. De son côté, le Cameroun va ouvrir progressivement son marché aux exportations européennes sur une période transitoire prévue jusqu'en 2023». L’Accord prévoit un démantèlement tarifaire progressif et par groupe de produits. En ce qui concerne particulièrement les produits européens du premier groupe, le taux de réduction des tarifs douaniers applicable sera de 25% par an sur une période de quatre (04) ans. « Par conséquent, aucun produit de ce groupe ne bénéficiera d’une exonération totale des droits de douane avant la fin de cette période», précisait le communiqué.

Ghide

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