Produits halieutiques. Plus de 40.000 tonnes de poisson importés depuis 2013

Consommation

La morue fumée se vend bien à Douala

Ce poisson est apprécié dans les ménages par son goût et son prix bas.

La consommation de la morue fumée croit à grande échelle dans la capitale économique. Les ménagères s’arrachent ce poisson à vil prix. Sur les étals le tas de 4 à 6 morues fumées est vendu à 500 FCFA. Une somme jugée plutôt avantageuse par beaucoup d’entre elles. Ménagère, Phanie Ngueuleu se réjouit : « J’achète plus de morue fumée aujourd’hui pour faire mes petits plats. Elle coûte moins chère et se vend bien ». Tout comme cette dernière, Marianne T. trouve son compte dans la consommation de ce poisson. A l’en croire, elle n’a pas besoin de débourser des sommes exorbitantes pour se la procurer. « Même à partir de 250 FCFA, tu peux t’offrir ce poisson », affirme-t-elle.

La morue sur les étals est discutable. Pour un tas de morue fumée qui coûte 1000 FCFA au marché New Deïdo, une ménagère peut facilement se l’arracher à 800 FCFA. Toutefois, le prix de ce poisson varie entre 250 FCFA et 1000 FCFA le tas. Toutefois, certaines ménagères préfèrent acheter le poisson morue frais en carton avant de le fumer. « Chaque mois j’achète un carton de morue de 20 kg. Je le fume à la maison. C’est pour mes propres besoins. Je fais aussi pareil lorsque je l’envoie à ma mère au village », explique Jeanine N., une commerçante. Le carton de 10 kg de morue frais est vendu à 7000FCFA. Celui de 20 kg est vendu entre 9000FCFA et 10.000FCFA en fonction de la grosseur des poissons contenus dans le carton. Et Le carton de 30 kg revient à 15.000FCFA.

D’après des commerçants, cette « forte » ruée vers le poisson morue s’explique par la cherté des autres poissons sur le marché, notamment le poisson maquereau. Vendeuse de poisson fumée au marché Deido, Thérèse Sambey, révèle qu’avec 22.000 FCFA elle ne peut que ce procurer un carton 30 Kg de maquereaux. Pourtant, avec la même somme elle réussit à emporter deux cartons et demi de 20 Kg de morues. En plus, dans les marchés, il est plus probable d’acheter 4 morues à 500 FCFA, contre un maquereau à 350 FCFA. Le maquereau est plutôt devenu un produit de « luxe », souligne les ménagères. Aujourd’hui, plusieurs d’entres elles se retournent vers le maquereau uniquement pour des rares occasions, apprend-on. L’accès à moindre coût de la morue sur le marché permet aux ménagères de mieux orienter leur dépense.

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Production

Plus de 40.000 tonnes de poisson importés depuis 2013

L’importation du premier trimestre de cette année est supérieure à la production locale.

La production locale du poisson dans la région du Littoral se porte mal. En effet, au premier semestre, soit six mois de l’année 2013, elle n’a été que de près de 3700 tonnes dans la région. Pourtant, en l’espace de trois mois l’importation du poisson a déjà atteint les 47.000 tonnes. Déjà à la fin de l’année 2012, la production locale n’était que de 10.916 tonnes, contre plus 160.000 tonnes de poissons importés. Ce déficit de production s’explique à la délégation régionale du Ministère de l’élevage, des pêches et des industries animales(Minepia), par le faible engouement des camerounais aux activités de la pêche. « Sur nos côtes, ce sont les étrangers qui s’intéressent à cette activité. Les camerounais ne sont plus très actifs dans le domaine », explique un cadre du Minepia.

La pêche maritime industrielle et la pêche artisanale maritime et semi continentale ont tout au moins connu une nette augmentation au cours de l’exercice 2011-2012. La production de ces deux types de pêches est passée de 8.502 tonnes (en 2011) à près de 11.000 tonnes (en 2012). N’empêche, cette production n’arrive pas à satisfaire les besoins nationaux en consommation de poissons estimés à 300.000 tonnes, selon les chiffres recueillis au près du Minepia. Des insuffisances dans la production contraignent à recourir à l’importation pour « essayer » de satisfaire la demande. En 2011, le Cameroun a dépensé 100 milliards pour les importations de poissons. Le pays a importé pour près de 195.000 tonnes de poissons.

En plus, le prix de ce produit halieutique ne cesse de subir des inflations. D’après le dernier rapport de l’institut national de la statistique (INS) publié en fin d’année 2012 le poisson est l’un des produits alimentaires qui a le plus attiré l’inflation. Il a connu une hausse de près de 9,1% sur l’année 2011. Même l’aquaculture qui est présentée par les experts comme une solution pour accroître la production locale ne semble pas prendre son envol. Dans une publication intitulée: « quelques pistes à suivre en vue de la mise en œuvre d'une aquaculture intensive au Cameroun », publié en 2012 par de l'Association promotion agropastorale tropicale (PAT), les experts relèvent que les principales contraintes au développement de l'aquaculture sont entre autres le mauvais aménagement des infrastructures de production, car 98% des étangs piscicoles en activité ne sont pas construits dans les normes.

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